Comment évaluer les RPS dans le cadre de nos visites d’information et de prévention auprès des salariés ?
Dans le cadre de nos entretiens individuels avec les salariés, les risques psychosociaux et plus largement la santé mentale sont systématiquement questionnés.
Je suis infirmière de santé au travail depuis 5 ans et, à ce titre, je réalise en moyenne une centaine de visites d’information et de prévention avec des salariés chaque mois.
Le premier axe de questionnement qui me permet d’évaluer les RPS est le travail : le ressenti sur l’ambiance de travail, la dynamique du collectif de travail, les relations avec les collègues, la hiérarchie, les clients, la charge de travail, les cadences à respecter ou les objectifs à réaliser et leurs évaluations. L’ensemble de ces domaines nous renseigne sur le vécu au travail.
Le deuxième axe de questionnement concerne le volet santé. La question du sommeil est toujours très importante. En effet, un sommeil perturbé peut être un signe de mal-être, en particulier si ce trouble du sommeil est nouveau. C’est l’occasion de rappeler aux salariés le rôle déterminant du sommeil pour notre santé.
Enfin, le dernier axe concerne l’évaluation du stress sur une échelle de 1 à 10 et sur deux domaines : le domaine privé et le domaine professionnel. Même si ce critère est très subjectif, chacun ayant sa propre définition du stress, il permet de faire préciser un ressenti d’ensemble. Je suis parfois surprise par une note élevée sur ce dernier critère en fin d’entretien alors que la personne est apparue plutôt sereine tout au long de l’entretien.
Lorsqu’une souffrance au travail est constatée, j’essaie de faire préciser les choses dans une démarche d’écoute empathique afin de réfléchir à la meilleure réponse à apporter. Une réorientation vers le médecin du travail peut alors être décidée et/ou une orientation vers le psychologue du travail. L’étude de poste peut aussi servir de levier pour trouver des solutions en concertation avec l’employeur.
Si le mal-être concerne la sphère privée, une orientation vers une prise en charge externe est privilégiée (médecin traitant, psychologue, etc.).
Les convenances sociales mais aussi la volonté de ne pas inquiéter les proches font que les individus n’ont pas toujours la possibilité d’exprimer leur mal-être quand il existe ; ces entretiens individuels sont pour eux l’occasion d’aborder ces difficultés. La santé mentale, grande cause nationale en 2025, est un enjeu de santé publique, et à ce titre, elle est au cœur de notre mission.
Sonia Saintemarie, infirmière de santé au travail au SPST 19-24.
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